ACA INFOS MARS 07

ACA INFO mars 2007



Extraits de presse Citations


Le candidat UMP à l'élection présidentielle dit "réfléchir" à l'avenir de Gaz de France censé fusionner à partir de cet été avec Suez.


La Tribune 9 mars



Invité jeudi soir sur France 2, le ministre de l'Intérieur et surtout candidat UMP à l'élection présidentielle Nicolas Sarkozy a déclaré qu'il souhaitait "réfléchir" à l'avenir de
Gaz de France, qui ne passe pas nécessairement selon lui par une fusion avec Suez.

"Gaz de France c'est une entreprise qui achète du gaz mais qui n'en produit pas, a-t-il dit. Mais Est-ce qu'il faut adosser cette entreprise qui achète sur un autre acheteur ? Pourquoi pas, on peut en discuter. Ou est-ce qu'il faut réfléchir à un producteur ? La question mérite d'être posée."

"Gaz de France achète du gaz, Suez achète du gaz et de l'électricité. Si on les fusionne tous les deux, la taille est plus importante. Donc on peut espèrer qu'ils aient des prix moins chers. Mais si j'étais président de la République, je pourrais aussi réfléchir (pour savoir) si Gaz de France-Suez ou Gaz de France seul (...) n'aurait pas intérêt à se tourner du côté de producteurs de gaz pour faire une grande entreprise qui produirait du gaz et le commercialiserait. Ce n'est pas absurde."

Sur les difficultés d'Airbus (avec son plan d'économie Power 8) et de sa maison-mère EADS, Nicolas Sarkozy, a affirmé jeudi soir que "l'Etat doit constituer un nouvel actionnariat pour Airbus" pour que "l'Etat n'ait pas à s'en occuper"."Il y a besoin d'un plan. Power8, ce n'est pas forcément celui-là".

"Ce n'est pas l'Etat allemand ou l'Etat français qui peut gérer Airbus. (...) Résoudre le problème de la gouvernance, c'est impossible tant qu'on n'a pas résolu le problème des actionnaires", a ajouté le candidat UMP.
"Quand j'entends dire qu'un actionnaire, Daimler, demande des dividendes pour rémunerer son capital dans une entreprise qui fait 10.000 licenciements, je ne peux l'accepter", a-t-il affirmé.

Selon lui, "il faut poser la question de confiance aux actionnaires: si vous restez dans le capital, il faut croire dans l'entreprise et participer" à son développement. Pour M. Sarkozy, "il faut faire entrer de nouveaux actionnaires privés, des actionnaires financiers et un actionnaire industriel pour piloter la boîte".




GDF ne commente pas les propos de Sarkozy sur "l'avenir de Gaz de France"

PARIS, 9 mars 2007 (AFP) -

Gaz de France (GDF) n'a pas souhaité réagir vendredi aux propos tenus jeudi soir sur France 2 par Nicolas Sarkozy, selon lesquels il voulait "réfléchir sur l'avenir de Gaz de France", estimant que GDF pourrait s'allier à un producteur de gaz.
"Nous ne faisons pas de commentaires", a déclaré à l'AFP une porte-parole de Gaz de France.
Invité de l'émission "A vous de juger", Nicolas Sarkozy a déclaré jeudi qu'il voulait "réfléchir sur l'avenir de Gaz de France", en réponse à une question sur le projet de privatisation de GDF.
"GDF est une entreprise qui achète du gaz mais qui n'en produit pas. Est-ce qu'il faut adosser cette entreprise qui achète sur un autre acheteur (Suez, ndlr) ou est-ce qu'il faut réfléchir à un producteur", s'est interrogé M. Sarkozy.
"Si j'étais président de la République, je pourrais aussi réfléchir (...) si Gaz de France-Suez ou Gaz de France seul (...) n'auraient pas intérêt à se tourner du côté des producteurs de gaz pour faire une grande entreprise qui produirait du gaz et le commercialiserait", a-t-il ajouté.
Interrogé par l'AFP, Suez n'a pas non plus souhaité commenter ces déclarations.


Matignon bloque le décret de privatisation de Gaz de France

Les Echos
Pascal Pogam

Préalable indispensable à un mariage avec Suez, le décret ouvrant la voie à la privatisation de l'opérateur gazier tricolore attend toujours la signature du Premier ministre, Dominique de Villepin. Ce contretemps rend peu probable la tenue des assemblées de fusion avant la fin du mois de juin.
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A six semaines de l'élection présidentielle, le décret ouvrant la voie à la privatisation de Gaz de France attend toujours la signature du Premier ministre. A Bercy, Thierry Breton poussait pourtant pour que cette dernière étape « administrative » soit franchie au plus vite. « Avant d'éteindre la lumière, je veux que les décrets d'application des lois que j'ai fait voter soient tous pris », confiait récemment le ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie. Dominique de Villepin est semble-t-il moins pressé.

Depuis la fin du mois de janvier, le chef du gouvernement hésite à prendre une décision constituant certes un préalable indispensable à la fusion Suez-Gaz de France, mais ne sécurisant en rien l'opération elle-même, puisque le Conseil constitutionnel a reporté celle-ci au-delà du 1er juillet 2007, après les prochaines échéances électorales. Publier le décret de privatisation aujourd'hui est prendre le risque de rouvrir un débat ultrasensible en pleine campagne présidentielle. Or ni le Premier ministre ni le candidat de l'UMP, Nicolas Sarkozy, ne le veulent. En matière de politique industrielle, l'un et l'autre considèrent que le dossier Airbus a donné suffisamment de « biscuits » au camp socialiste, et qu'il serait risqué d'alimenter une nouvelle polémique.


En soi, le rapprochement entre Suez et Gaz de France n'est pas suspendu à la signature rapide du décret de privatisation. Mais ce nouveau contretemps remet clairement en cause le calendrier annoncé par les deux entreprises. Il rend en tout cas peu probable la tenue de leurs assemblées de fusion aux dates prévues : le 21 juin pour Suez, le 25 pour Gaz de France. Car, dans cette hypothèse, les deux groupes seraient tenus de convoquer leurs conseils d'administration respectifs un mois plus tôt et, au préalable, les familiers du dossier estiment que deux mois seraient nécessaires pour mener à bien la procédure d'information des instances représentatives du personnel.

Dans l'idéal, cette dernière devrait donc débuter dès la mi-mars, une fois connus les résultats annuels des deux entreprises (ceux de Gaz de France doivent être dévoilés mardi). Or, d'expérience, les représentants des salariés n'accepteront de discuter du projet de fusion que s'ils disposent de toutes les pièces du dossier, à commencer par le fameux décret de privatisation. « Sans décret, les syndicats auront beau jeu de dénoncer le caractère précipité de la concertation, prévient un observateur. On risque de mettre de nouveau le doigt dans l'engrenage des procédures judiciaires, comme celles qu'on a connues à l'automne. »
Profil bas des deux sociétés

En attendant d'y voir plus clair, les entreprises font profil bas. Evoquant rapidement le sujet hier, le PDG de Suez, Gérard Mestrallet, a répété que la fusion avec Gaz de France constituait « la meilleure des options stratégiques », et s'est dit « déterminé à mener ce projet à son terme ». S'agissant du calendrier, il s'est contenté d'indiquer que l'opération était « entre les mains » de l'Etat, principal actionnaire de Gaz de France : « Pour qu'une fusion ait lieu, il faut que les deux entreprises le veuillent, c'est le cas (...) et il faut que les deux actionnaires le veuillent aussi, a-t-il observé. Puisque du côté de Gaz de France il y a un actionnaire principal, qui est l'Etat, alors il reviendra à l'Etat, qui va changer de chef, de se prononcer. »


Inattendu retournement

Le Parisien 14 mars 2007

François-Xavier Pietri

L'alliance entre Gaz de France et Suez est très compromise. Pour ne pas dire morte et sans doute bientôt enterrée. Car elle l'est déjà dans la tête des candidats. Cela fait longtemps que Ségolène Royal prône un grand service public de l'énergie à la française, que François Bayrou a écarté l'idée de l'alliance, tandis que Nicolas Sarkozy défend un projet de tout autre nature, celui qui consisterait à allier Gaz de France avec un... producteur. En somme, si les hypothèses des candidats sont différentes, elles se rallient sur un même principe : tout sauf un mariage entre Suez et Gaz de France. On savait, dès le début, que ce projet de nature politique avait du mal à séduire... les politiques, on en a désormais la preuve. Du coup, Gaz de France, qui n'avait rien demandé à personne, se retrouve face à une problématique stratégique : que faire sans Suez ? Un comble puisque plus personne aujourd'hui n'imagine un Gaz de France seul... ce qui était pourtant bien le cas avant que le gazier ne soit mobilisé pour sauver le soldat Suez. À n'en pas douter, Jean-François Cirelli aurait sans doute préféré éviter que son entreprise ne devienne un enjeu de campagne présidentielle. Pendant ce temps, le sujet Suez ne passionne plus guère. C'est que, sur le terrain de la France profonde, celle qui interpelle les candidats sur le prix du gaz, Suez n'a pas d'existence. Gérard Mestrallet ne doit pas être fâché d'avoir quitté la lumière crue des projecteurs. Car pendant ce temps, la cible putative de grands prédateurs internationaux, pour le coup mise à l'abri par le contexte politique, peut, sans tambours ni trompettes, réfléchir à son avenir. D'un côté, Gaz de France, hier pacifique entreprise publique, est désormais dans la lumière et à la merci des idées à haut risque des candidats. De l'autre, Suez, qui sous la menace avait appelé au patriotisme économique, retrouve un anonymat confortable. Décidément, la vie des affaires a des retournements inattendus.

Les politiques dessinent trois scénarios pour un GDF sans Suez

CHANTAL COLOMER
14 mars 2007
La Tribune

Le groupe a dégagé un résultat net record en hausse de 29 % à 2,3 milliards d'euros en 2006. Marquée par l'hiver le plus doux depuis cinquante ans en France, 2007 sera " une année de consolidation ".

Àquelques semaines du premier tour de l'élection présidentielle, les déclarations d'intention des candidats sont sans équivoque : tous semblent se donner le mot pour enterrer le projet de fusion entre Suez et GDF. Le ministre de l'Économie, Thierry Breton, lui-même a implicitement reporté le traitement du dossier au prochain gouvernement : pressé par le PDG de GDF de publier le décret de privatisation du gazier " dans les prochaines semaines ", il s'est contenté de promettre que ce serait chose faite " avant le 1er juillet ", date de l'ouverture du marché. La balle est dès lors dans le camp des candidats, qui avancent chacun leur solution. Trois scénarios se dessinent.

UN AVENIR EN SOLO

C'est l'idée défendue par François Bayrou, opposé à la privatisation de GDF et convaincu que l'État doit garder la main sur la politique énergétique de la France. L'hypothèse est considérée comme crédible chez GDF qui, tout en demeurant sous la coupe de l'État, estime avoir les moyens de poursuivre seul son développement. Sur le marché de l'électricité, le groupe s'appuierait sur ses contrats d'achat et sa propre production issue de ses centrales à cycle combiné gaz. D'autant que GDF, qui affiche un ratio d'endettement sur fonds propres de l'ordre de 21 %, a les moyens d'accélérer ses investissements (17,5 milliards d'euros sur 2005-2008). Dans l'exploration-production de gaz qui représente 10 % de ses ventes. Mais aussi dans de nouvelles capacités de production d'électricité, voire dans des acquisitions. Si les cibles existent, elles deviennent plus difficiles d'accès pour une entreprise qui resterait dans un périmètre public.

L'autre axe stratégique porte sur le gaz naturel liquéfié (GNL). Un marché qui représente déjà 30 % des approvisionnements du groupe, et sur lequel il entend conforter sa position de leader.

UN POLE COMMUN AVEC EDF

La piste est privilégiée par Ségolène Royal, qui prône la création d'un grand pôle énergétique français. Dans ce cadre, le groupe qui serait issu du rapprochement des deux futurs ex-grands monopoles d'État serait assuré d'une belle puissance de feu pour rivaliser notamment avec les énergéticiens allemands sur l'échiquier européen. L'hypothèse EDF-GDF a maintes fois été évoquée dans le passé, sans jamais être mise en chantier. Certes, le modèle allemand du mariage entre l'électricien E.ON et le gazier Ruhrgaz est dans tous les esprits. Il n'avait pas à l'époque été soumis à Bruxelles, les Allemands se contentant d'un feu vert de leurs autorités nationales. Aujourd'hui, l'alliance EDF-GDF poserait en revanche des problèmes de concurrence que ne manqueraient pas de relever les autorités de Bruxelles. Ce qui pourrait obliger les deux opérateurs à consentir des sacrifices, notamment en cédant leurs réseaux de transport et de distribution, extrêmement rentables.



UN RAPPROCHEMENT AVEC UN PRODUCTEUR DE GAZ

C'est le dernier scénario avancé par Nicolas Sarkozy qui voit là une solution pour garantir la sécurité d'approvisionnement de la France. L'hypothèse ne serait pas pour déplaire à GDF. Reste à savoir à qui s'allier. Le groupe avait envisagé il y a quatre ans de se rapprocher de Total, puis du norvégien Statoil. Sans succès. Aujourd'hui, le gazier rêverait d'une alliance avec un grand producteur comme l'algérien Sonatrach avec qui il a noué des partenariats depuis quarante-cinq ans et qui lui assurerait une indépendance énergétique (lire encadré ci-dessous). Le ministre algérien de l'Énergie devrait venir à Paris le 6 avril signer un accord avec GDF pour détenir des capacités de regazéification de gaz sur le site de Montoir. En revanche, le russe Gazprom ne semble pas demandeur. Comme d'autres grands gaziers, il privilégie plutôt les joint-ventures et les partenariats.

Silence autour de GDF:
" Pas de commentaire. " C'est la seule réponse de la Sonatrach, au lendemain de l'évocation par Nicolas Sarkozy d'une éventuelle alliance capitalistique avec GDF. Même silence prudent du gouvernement algérien. Depuis plusieurs mois, la Sonatrach et GDF discutent de l'exploitation d'un gisement géant de gaz à Touat dans le sud de l'Algérie. GDF est prêt à investir 1 milliard de dollars dans le projet.

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