ACA INFOS 16/07/07

Voici notre POINT «AVANT QUE TOUT LE MONDE SOIT PARTI AU SOLEIL»


Suite aux assemblées générales EDF et GDF de mai dernier il convient de faire le point sur deux sujets qui ont occupé une place centrale lors de ces événements, l'ouverture totale des marchés de l'énergie le 1e juillet 2007 et le projet de fusion Suez/GDF.

Les résultats 2006 d'EDF et de GDF (8,3 milliards d'euros à eux deux où encore un peu plus de 54 milliards de francs) montrent à l'évidence que les deux entreprises peuvent assurer leur avenir à partir des tarifs «régulés». Pourtant lors des AG de mai P Gadonneix et JF Cirelli ont estimé que les mesures adoptées en catastrophe par l'Assemblée Nationale pour maintenir dans certaines conditions ces tarifs dits régulés ne pouvaient, bien sûr, n'être que temporaires et que ,d'ailleurs , «Bruxelles» venait de lancer une procédure contre la France afin qu'au plus vite la concurrence s'exerce «au profit des consommateurs», comme on a pu le constater aux quatre coins de l'Europe avec les hausses multiples qui l'ont accompagnée!
Direct énergie et Poweo ont exigé et obtenu la mise à disposition d'électricité produite par EDF pour concurrencer celle-ci. Personne n'est dupe, EDF était parfaitement d'accord pour accepter ce petit sacrifice en contrepartie de la perspective de ce que va lui rapporter à terme la généralisation des tarifs libres.

A ce stade, il convient de citer ce qu'un candidat à la présidence de la république à répondu à ACA le questionnant sur le sujet des tarifs: « Quant aux tarifs, je tiens à rappeler que la loi du 7 12 2006 a mis en place un tarif transitoire d'adaptation du marché qui ne peut qu'être positif pour les entreprises confrontées à la hausse récente des prix de l'électricité. Quand à l'invalidation du Conseil constitutionnel sur les prix réglementés aux particuliers, à laquelle vous faites référence, une disposition de la loi instituant le droit au logement opposable et portant diverses mesures en faveur de la cohésion sociale permet d'y répondre partiellement. Toute solution meilleure susceptible de conforter le tarif social du gaz et de l'électricité doit être étudiée car je ne crois pas que la vocation de l'Europe soit d'accentuer les difficultés sociales. Elle est au contraire de protéger nos concitoyens. La France a fait le choix du nucléaire, ce qui lui permet de produire une électricité peu polluante et moins chère. Il n'est pas normal que nos concitoyens aient à payer le prix des choix politiques d'autres pays qui ont privilégié des énergies plus chères et plus polluantes. L'Europe devra construire une réelle politique de l'énergie, une politique qui privilégie sa moindre dépendance, la préparation de la «fin du pétrole» et la lutte contre le changement climatique.»
Ce candidat est un certain Nicolas Sarkozy! Propos de candidat. Désormais Président ..... nous allons voir ...

Lors de l'AG d'EDF, au delà de ses questions écrites préalablement posées officiellement, ACA a été obligé de revenir en séance sur le sujet en reprenant en partie ces arguments écrits par la candidat Sarkozy et en ajoutant l'aspect diminution du pouvoir d'achat et les répercussion sur la consommation ainsi que les conséquences sur la compétitivité des entreprises.
Au final Gadonneix a pris un air faussement contrit pour dire que si la question lui paraissait importante, il ne voyait pas comment contrevenir aux exigences européennes et que, par ailleurs, EDF allait être obligée d'investir massivement dans le renouvellement de son parc de production et développer l'EPR.
Quant à Cirelli, à l'AG de GDF, il a semblé s'accommoder du blocage des tarifs du gaz jusqu'au 1e juillet (on sait que les prix du gaz pourraient et devraient être baissés de 7 à 10% vu l'évolution des coûts), cela à partir du moment où il entrevoyait la liberté totale en matière de tarif si la fusion avec Suez aboutissait; Et il s'est permis de rappeler l'important manque à gagner découlant des restrictions tarifaires imposées par le gouvernements ces deux dernières années!!! Qui de sérieux qui examine les comptes de GDF peut croire pareilles affirmations!

Mais pour Cirelli le plus important était de convaincre l'assistance et les médias présents de la nécessité absolue de la fusion avec Suez. A chaque question sur le sujet au milieu d'un staff d'une effroyable médiocrité et, tel un perroquet, il a répété inlassablement que non seulement cette fusion reposant sur un projet industriel incontestable était la meilleure solution pour l'entreprise mais aussi la meilleure pour la France en général, même quand un participant actionnaire d'un certain âge et qui avait visiblement approfondi la question, a pris la peine d'énumérer une par une toutes les contreparties exigées par la commission européenne et par le gouvernement belge lesquelles aboutissent au fait que ce projet n'ait plus rien d'industriel mais devienne purement financier.
Même là, Cirelli a persisté sans nuances, allant jusqu'à dire que si le delta entre le cours des deux actions restait le même (environ 5 euros) le projet lui paraissait encore viable sous des formes à redéfinir, mais en oubliant de préciser que dans ce cas ce serait la première privatisation qui coûterait à l'Etat et ne lui rapporterait rien.

Cela, c'était avant les élections.
Depuis les élections, bien des choses ont été dites depuis dans tous les sens, avec une vraie guerre de soi-disant nouvelles et contre-nouvelles, le clan pro-fusion Suez-GDF avec Mestrallet en tête et ses entrées dans les médias étant très actif, et bien d'autres encore, pour brouiller les cartes. Les intérêts boursiers sont si énormes !!!
Pour nous, à jour, il convient d'être attentif à la situation et de ne pas donner du crédit à la moindre rumeur rapportée dans les médias, souvent démentie ensuite.
Ce que l'on voit, c'est que le gouvernement semble bien embarrassé. Au sein même de la cellule élyséenne les tensions seraient vives sur ce sujet entre certains conseillers du Président de la République. Ce qui est sûr, c'est que l'on nous annonce depuis deux mois une solution pour dans quinze jours. Dans le cadre des solutions à l'étude, il se dit que la solution choisie pourrait être accompagnée par le débarquement de tous les acteurs (Cirelli, Mestrallet mais aussi Gadonneix) et leur remplacement par des hommes choisis par le nouveau Président.

Nous avons reculé cet ACA-Info d'avant les vacances (il aurait du paraître fin juin) pour vous en dire plus à ce sujet mais la date du 14 juillet étant passée nous préférons l'envoyer ainsi.

Pour ACA, plus que jamais nous maintenons notre position sur la question GDF: la seule solution sérieuse pour les citoyens, sur le plan industriel et pour le service public c'est l'alliance EDF-GDF avec fusion des deux entreprises dans un ensemble nouveau, même au risque d'une épreuve de force au plan européen avec les libéraux qui entendent faire régner leur seule loi.

Par ailleurs, en réponse à la libéralisation de l'électricité et du gaz au 1er juillet dernier, nous disons, avec les associations de consommateurs et les syndicats: citoyens usagers, ne changez pas de tarifs, gardez vos tarifs EDF et GDF et exigez qu'ils soient fondés sur les coûts donc que soient appliquées maintenant des baisses de tarifs au lieu d'augmenter les bénéfices au-delà de la normale pour un service public.

Bonnes vacances, bon été à toutes et tous, avec enfin, espérons-le, du soleil, à la mer, la campagne, la montagne; nous nous le souhaitons tous!



Derniers éléments de presse: (citations)

ROME, 13 juil 2007 (AFP) -
Le Premier ministre français François Fillon a déclaré vendredi à Rome qu'il n'y a "pas d'urgence à décider" sur le projet de fusion GDF/Suez lors d'une conférence de presse avec son homologue Romano Prodi.
"Il n'y a pas d'urgence à décider", a-t-il déclaré.
"Nous sommes prêts à explorer toutes les solutions sans a priori, sans esprit de repli sur soi", a-t-il ajouté.


Remarque: ceci a été dit après le voyage en Algérie de Sarkozy, sachant que la question GDF-Sonatrach y était à l'ordre du jour.




Nota: ci-dessous les dernières rumeurs distillées ... vu de certains milieux boursiers qui ne sont pas les amis de Mestrallet et Cirelli


Doutes sur la faisabilité de la fusion Suez-GDF
LAURENCE BOISSEAU
13 juillet 2007
La Tribune

La décision appartient à Nicolas Sarkozy. Mais, sur les marchés, les intermédiaires financiers considèrent que le projet de fusion va mourir de sa belle mort.

Plus le temps passe et moins nous croyons en une fusion entre Suez et Gaz de France ", indiquait hier un arbitragiste. Attendu mi-juillet sur ce sujet, Nicolas Sarkozy pourrait ne se prononcer finalement qu'à la fin du mois. De quoi conforter l'opinion de ceux qui doutent aujourd'hui encore plus qu'hier de la faisabilité de l'opération. " Tout est bien trop compliqué ", notait un banquier. Dans la catégorie obstacles insurmontables, la parité se pose là. La fusion originelle entre égaux, avec une parité de 1 action Suez contre 1 action GDF + 1 euro de dividende exceptionnel, a vécu. Depuis, l'écart entre les deux titres s'est creusé. Hier, à la clôture, il était de 4,76 euros. " On n'arrive pas à faire maigrir Suez. Quant à faire grossir Gaz de France, cela relève de la mission impossible, car tout est beaucoup trop cher ", note un analyste. De nombreux schémas ont pourtant été étudiés. De la vente des 57 % détenus dans Distrigaz, filiale belge spécialisée dans le négoce de gaz naturel, à la scission (spin off) de Suez Environnement, avec une mise en Bourse d'environ 25 % du capital. Une solution dont Gérard Mestrallet ne veut même pas entendre parler. Le président de Suez s'est toujours montré très attaché à la complémentarité des deux métiers, même en 2002, en pleine crise.

UN CALENDRIER COMPLIQUE

Autre cession dont l'éventualité a été envisagée, celle de Fabricom, filiale belge spécialisée dans l'installation de services techniques, notamment dans l'électricité. Ce n'est pas tout. D'autres pistes ont été abordées : un rachat d'actions Suez avec une prime, voire la distribution d'un dividende exceptionnel compris entre 4 et 5 euros aux actionnaires de Suez. Mais là, c'est l'État qui s'oppose. Et pour cause : l'addition s'en trouverait majorée de 5 milliards d'euros. Qui plus est, il ne saurait être question d'appauvrir la nouvelle entité. L'équilibre financier est délicat à trouver. L'État ne peut prendre le risque de voir la fusion retoquée par l'assemblée générale des actionnaires de Suez. D'autant qu'après tout, la fusion n'a jamais été un thème de campagne pour le président et qu'elle intervient dans un calendrier un peu compliqué. Dernier obstacle et non des moindres : les syndicats de Gaz de France qui ont déjà réussi à faire capoter le projet.

Pour les marchés, les deux entreprises vont donc reprendre leur liberté. Pour lors, l'avenir de GDF est plus obscur. " L'important est de lui garantir l'accès aux ressources en gaz naturel ", explique une source proche du dossier. De son côté, Suez a déjà commencé à vivre sa vie en renforçant sa présence en Espagne. Fin mai, il a franchi le cap de 10 % du capital dans Gas Natural avec 11,3 % des titres. Seul, Suez sera certes plus exposé à un éventuel raid boursier. Outre E.ON, Iberdrola, qui pèse 49,8 milliards d'euros en Bourse, pourrait être un prédateur sérieux. L'espagnol n'a jamais caché son intérêt pour Gas Natural.


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