Communiqué du 3 septembre 2007

COMMUNIQUE PROJET DE FUSION SUEZ GAZ DE FRANCE

Contre toute attente et au moment où on le pensait enterré parce que dépassé, le projet de fusion Suez/GDF rebondit sous la haute autorité du Chef de l'Etat, certains considérant cette fusion comme d'ores et déjà réalisée. Un tour de passe-passe boursier et financier autour d'une filialisation/externalisation du pôle environnement de Suez permettrait dit-on d'assurer la parité finale d'une action Suez pour une action GDF et pour donner naissance à un soit-disant géant de l'énergie censé être porteur d'un véritable projet industriel dont l'Etat détiendrait 34% du capital.


A y regarder de plus près la réalité est tout autre car cette parité fondée sur les résultats actuels des deux groupes est théorique. Que pèse réellement aujourd'hui le secteur énergie du groupe Suez composé en partie d'avoirs financiers disparates si on l'ampute comme l'exige Bruxelles pour que cette fusion puisse se faire, d'une partie de ses contrats d'approvisionnements gaziers, de sa participation majoritaire dans le capital du transporteur de gaz Fluxy, de toute la distribution du gaz en Belgique et des conséquences de la mise à disposition de ses concurrents de 30% de ses capacités de production électriques.

Dès lors comment peut-on oser parler de projet industriel porteur, il faudrait être bien naïf pour croire une telle fable.


Il y a tromperie sur la marchandise, en réalité il s'agit d'une spoliation de l'Etat au profit d'intérêts purement financiers et privés. C'est même sans doute la première privatisation qui non seulement ne rapportera rien à l'Etat mais lui coûtera potentiellement quelque chose dans la mesure on l'on demande à GDF de fondre la valeur de ses actifs publics (contrats d'approvisionnement, stockages, réseau de transport, réseau de distribution et portefeuille de 11 millions de clients) avec celle d'un groupe surévalué par la spéculation boursière (+57% depuis dix huit mois) et contraint de se séparer d'une partie de ses activités, mais dont on garde quand même l'intégralité du résultat pour justifier l'injustifiable.


Il serait aujourd'hui complètement illusoire de croire encore Nicolas Sarkozy qui en août 2004 alors ministre de l'économie promettait dans le cadre de l'ouverture du capital de GDF que la part de l'Etat ne descendrait jamais en deçà de 70%, et qui cette fois privatise GDF même si l'Etat conserve pour l'instant 34% du capital du nouveau groupe, illusoire encore de croire que par ce biais l'Etat garderait un oeil sur les tarifs, alors que la loi prévoit la disparition des tarifs régulés pour 2010, illusoire enfin de croire en l'avenir de la filiale eau/environnement au sein du nouveau groupe dès lors qu'il faudra arbitrer en permanence entre deux logiques de rentabilité, ce qui pourrait avoir des conséquences désastreuses pour son personnel, pour la distribution de l'eau et bien sûr son prix.


C'est pourquoi Agents Citoyens Actionnaires d'EDF/GDF appelle l'ensemble des forces syndicales et associatives à se mobiliser contre ce qui n'est encore qu'un projet et va entreprendre toutes les voies de recours possibles afin de défendre les intérêts du personnel actionnaire, des citoyens actionnaires et de l'Etat actionnaire qui tous par cette opération verraient leurs intérêts lésés.

Le 3 septembre 2007

Vous êtes ici : Accueil Communiqués Communiqué du 3 septembre 2007